Points forts ou points faibles ?

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Il y a quelques temps, je me suis retrouvé à parler avec une personne de ma famille d’un certain nombre de difficultés qu’elle rencontre dans son travail de directrice de musée.

Elle me faisait part du cas d’une collaboratrice qui lui a été imposée et elle me demandait conseil sur la meilleure manière de faire face à une situation où une employée n’est pas très compétente, mais dont on n’a pas envie de se séparer essentiellement pour des raisons morales.

En fait, la collaboratrice en question a déjà un certain âge (48), elle est mère célibataire et elle aurait beaucoup de peine à retrouver un emploi si elle venait à perdre son travail actuel.
En même temps, elle n’a pas vraiment les compétences qui peuvent assurer son maintien…

Problème épineux s’il en est.

Ma suggestion a été d’évaluer les compétences de la personne, de souligner ses points forts et d’ignorer ses points faibles.

Travailler sur les points faibles c’est souvent une erreur de stratégie, et pourtant, cette erreur est extrêmement répandue.
On évalue les compétences et on met en exergue les points faibles. Et après, on se dit que pour renforcer les compétences de la personne, il faut travailler sur ses points faibles pour qu’elle puisse évoluer.

Seulement, voilà, les points faibles sont souvent liés à la personnalité et à la sensibilité d’une personne et ils sont extrêmement difficiles à renforcer. Surtout si la personne n’est plus une adolescente (et encore…).

Faisons une analogie avec le monde animal : si vous essayez de rendre un éléphant très rapide pour qu’il puisse accomplir les mêmes tâches qu’un guépard, vous perdez votre temps.

En revanche, l’éléphant est fort.
Très fort.
C’est ça, son point fort.

Il faut donc l’aider à s’épanouir dans ce domaine qui lui est naturel. Il faut, dans la mesure du possible, le rendre encore plus fort.

Si on essaye de le transformer en guépard, l’éléphant ne pourra que tomber dans une spirale d’échecs répétés. Non seulement il n’évoluera pas, mais il sera rapidement déprimé et démotivé. Et vous, vous l’accompagnerez dans cette spirale, et au bout de quelques échecs, vous ne voudrez plus consacrer une partie de votre temps à l’aider à évoluer (puisque vous vous rendrez compte consciemment ou inconsciemment que votre travail est inutile, voire nuisible).
Il se sentira mal, vous vous sentirez mal.

Si en revanche, on crée les conditions pour que l’éléphant prenne conscience de sa force, qu’on lui enseigne à s’organiser pour utiliser sa force de la manière la plus efficace et qu’on lui fait confiance dans ce domaine, l’éléphant sera de plus en plus sûr de lui, il développera des compétences spécifiques qu’il n’imaginait pas, et il sera performant et son impact sur le climat et les résultats de l’entreprise ne pourront qu’être positif.
Oui, parce que l’éléphant épanoui et sûr de sa force sera également fier de travailler en équipe avec le rapide guépard dans le but d’atteindre les objectifs communs à toute l’entreprise !

Oubliez les points faibles, renforcez les points forts, et vous partagerez avec vos collaborateurs une dynamique positive tant sur le plan des compétences techniques que sur celui de l’empathie et du bien vivre au sein de l’entreprise.

Les performances seront au rendez-vous !

Vos collaborateurs se sentiront impliqués dans vos projets et ils seront vos premiers et meilleurs supporters.

Mario Bucciarelli


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©Mario Bucciarelli, 2017