La peur de l’erreur… la peur, c’est l’erreur !


Aimer son imperfection…

Lorsque nous nous engageons dans la recherche de l’excellence ou, tout simplement, sur un chemin de développement de soi, l’un des obstacles les plus difficiles à contourner, c’est la peur.
La peur se manifeste de différentes façons : maladresse, incohérence entre l’action déployée et le projet de départ, blocages de toutes sortes, dépendance vis-à-vis de ses partenaires, collègues, supérieurs, ou jalousie et envie du succès d’autrui, jusqu’aux conséquences les plus néfastes (dépression, addictions, etc.).

De mon point de vue, l’une des expressions les plus redoutables de la peur, c’est la peur de l’erreur.
Nous pensons que pour atteindre un objectif, ou pour correspondre à ce qu’on attend de nous, nous devons être parfaits.

Il y a quelques années, j’avais une amie qui voulait se consacrer à l’art théâtral, mais qui redoutait d’aller sur scène.
Elle disait qu’elle ne se sentait pas prête et que tant qu’elle ne se sentirait pas prête, elle ne monterait pas sur scène. Et comme elle ne se sentait jamais prête, comme elle avait l’impression qu’il lui manquait toujours des éléments ou des connaissances, elle ne montait presque jamais sur scène.
Elle voulait être parfaite.
Elle a arrêté assez rapidement sa carrière théâtrale.
Mon amie craignait de ne pas être à la hauteur du projet pour lequel elle avait été choisie en oubliant que, justement, elle avait été choisie parce qu’elle était comme elle était.

Ce genre de peur est sournois car il peut apparaître au second plan d’un effort totalement honnête de notre part. Et malgré nos efforts pour nous préparer et mettre en place des processus de production, ou des plans d’action, nous nous retrouvons bloqués, incapables d’exploiter notre talent, nos connaissances, nos compétences.
Par cette attitude nous finissons par nuire à notre travail et à celui de nos partenaires, ou, lorsqu’il s’agit de relations personnelles, nous finissons par gâcher des situations qui pourtant avaient tout pour réussir.

Nous nous jugeons bien plus sévèrement que nécessaire et nous nous retrouvons à nous méfier de nous-mêmes. Nous ne voyons plus que nos faiblesses, que nos imperfections. Et nous trouvons cela inacceptable…
Pour le dire simplement, nous ne nous pardonnons pas d’être imparfaits.
Alors que nous sommes prêts à pardonner chez les autres un grand nombre de maladresses et de défauts, nous ne sommes pas capables d’adopter la même clémence vis-à-vis de nous-mêmes.

Souvent, cela vient du fait que nous sommes peu conscients de nous-mêmes, de ce que nous pouvons réellement accomplir, de la contribution que nous sommes appelés à donner dans une situation.
Chacun de nous, possède un certain nombre de qualités personnelles : intelligence, sens pratique, empathie, force morale ou physique, résistance, résilience, compassion, foi, légèreté et humour, compétences techniques et relationnelles…
En prenant conscience de nos forces, nous ne pourrons qu’être plus congruents, et nous regarderons nos erreurs et nos points faibles avec plus d’indulgence. Nous pourrons aller vers le monde qui nous entoure avec un regard nouveau, plus juste et plus constructif. Nous découvrirons quels sont les vrais projets qui nous attendent.

Prendre conscience de son imperfection signifie prendre conscience de son humanité.
C’est elle qui fait de nous les êtres humains que nous sommes, des êtres uniques.

Aimer son imperfection, c’est tout d’abord se pardonner, s’accepter avec ses faiblesses, mais aussi avec un arsenal merveilleux d’outils et de remèdes nous permettant de faire face à un grand nombre de situations, aussi difficiles soient-elles.

Libérés de la prison du perfectionnisme, nous pouvons emprunter le chemin qui mène à la liberté.

Lorsque nous acceptons de nous aimer tels que nous sommes avec nos imperfections, nous parvenons aussi à pardonner aux autres et à les aimer tels qu’ils sont.

Et nous avons tout à y gagner !


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©Mario Bucciarelli, 2018